08 novembre 2009
Un film, un concert
Compte-rendu ciné, histoire de reprendre pied. Ca fait longtemps que je ne suis pas venue ici. Je manque un peu d'inspiration : mes articles de linguistique et mes séjours à la bibliothèque ne me fournissent pas vraiment matière à écrire ici (en espérant qu'un jour ils se transforment en mémoire universitaire par un procédé qui, de mon point de vue, relève encore du tour de magie). Mais je vais toujours régulièrement au cinéma, alors on peut déjà parler de ça.

* "Micmacs à tire-larigot" de Jean-Pierre Jeunet : C'est l'histoire d'un mec... qui se prend une balle perdue en pleine tête. Pas de bol. Il perd son job et se retrouve à la rue. Mais il est bientôt adopté par une étrange tribu de marginaux débrouillards qui vivent dans une décharge et qui vont l'aider à se venger. Une contorsionniste, un homme-canon, une cuisinière, un artiste-ferrailleur... C'est un joli film, esthétiquement parlant : de jolis portraits dans les tons de jaune, quelque part entre "Delicatessen" et "Amélie Poulain" (ce que l'on pourrait aussi dire du scénario). On reconnaît vraiment le style de Jeunet. Un peu trop, peut-être, quitte à devenir très, très prévisible. C'est souvent drôle, mais limite niais par moments : le gentil Dany Boon qui ne perd jamais espoir contre les vilains marchands d'armes sans foi ni loi, on voit vite où ça va nous mener. Reste que la guerre déclarée par les rien-du-tout aux puissants est l'occasion de quelques bons tours et acrobaties.
* "Le concert" de Radu Mihaileanu : là aussi, il est question de marginaux. De tout un orchestre symphonique mis sur la touche sous Brejnev pour raisons politiques, et qui 30 ans plus tard tente son come-back. En se faisant passer pour le Bolchoï pour aller jouer à Paris, ceux qui n'étaient plus rien veulent prendre leur revanche sur l'histoire et enfin terminer le concert commencé 30 ans plus tôt, histoire de régler leurs comptes avec le passé. L'homme de ménage redevient chef d'orchestre, l'ambulancier violoncelliste, et ainsi de suite. Reste à réapprendre à jouer, à trouver des instruments et à monter un grand concert en à peine deux semaines. Pas de grand suspense quant à l'issue du fameux concert, mais un scénario sur le fil, toujours entre rire et émotion, avec un humour qui va souvent jusqu'à la caricature, comme pour désamorcer le trop-plein d'émotion, une sorte de pudeur dans l'évocation progressive d'un passé douloureux jusqu'aux révélations finales, et une jolie manière d'utiliser le flash-back. Le tout sur un très beau morceau de Tchaïkovski, entêtant, obsédant, adoré et craint à la fois, jamais oublié, et finalement joué.

12:05 Publié dans Camembert marron | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : cinema, concert, mihaileanu, micmacs, jeunet



