04 décembre 2008

Cinémas

Quelques mots sur mes dernières cueillettes. Les fruits de saison sont assez sympas, si vous avez du temps.

[Je vous les indique dans l'ordre dans lequel je suis allée les voir -- les liens logiques de l'un à l'autre n'étant pas évident à trouver]

"Musée haut, musée bas", de Jean-Michel Ribes, l'adaptation d'une pièce de théâtre dont l'action se situe dans un grand musée national. Le musée est plein, plein de gens qui regardent ou ne regardent pas les tableaux, mais chacun à sa manière. Ils se croisent et on les suit dans les différentes salles. Il y a les gardiens qui deviennent fous, le conservateur qui adore l'art mais déteste le monde réel, les intellectuels qui se pâment devant une expo de photos de pénis, les gens qui sont paumés (littéralement : ils cherchent le parking Rembrandt... ou Vélasquez), ceux qui sont paumés (l'art moderne, c'est un peu déroutant), celle qui cherche partout les toiles de Kandinsky... Des scènes souvent assez réalistes malgré les exagérations (au cas par cas, on les a tous croisés, ces personnages -- pas tous en même temps, c'est tout) des dialogues acérés, des perles à la chaîne. Une belle brochette d'acteurs (Luchini, Blanc, Arditi, Carré, Moreau, Dussolier, Prévost, Robin, Jugnot, Marshall, Demaison, Balasko, etc., etc.). Une suite de sketchs dans l'ensemble très rigolos. Un film complètement déjanté et vraiment chouette, quoiqu'un peu décousu.

"Mesrine - l'ennemi public numéro 1", de Jean-François Richet, la suite de "Mesrine - l'instinct de mort", dont je vous avais déjà parlé. Pas grand chose de nouveau à dire : ce second opus est exactement comme le premier. Il se situe un peu plus tard dans la carrière du gangster, c'est tout. Après l'ascension, la chute. On suit Mesrine depuis le moment où il devient très célèbre jusqu'au jour où il est abattu par la police.  Et entre-temps, il enchaîne braquages, séjours en prison, évasions, procès, alliances, traques... Vincent Cassel incarne toujours magistralement le personnage, insistant surtout sur ses ambiguïtés et sur son orgueil. J'ai eu tendance à trouver ce film moins violent que le premier (à l'exception d'une ou deux scènes à peine soutenables), mais sans savoir s'il l'était vraiment ou si c'est moi qui m'étais habituée.

"J'irai dormir à Hollywood", d'Antoine de Maximy, l'adaptation au cinéma de l'émission "J'irai dormir chez vous" que vous connaissez peut-être. Le principe pour AdM : voyager seul dans un pays et s'inviter chez les gens pour faire connaissance et voir comment ils vivent vraiment, loin des circuits touristiques. Caméra à la main et sourire aux lèvres, il traverse cette fois les Etats-Unis d'Est en Ouest, de New York à Hollywood, pour rencontrer des gens et leur poser des questions sur le monde, sur leur monde, sur leur parcours. Et à regarder un pays par le petit bout de la lorgnette, on en découvre, des choses. Pas vraiment de scénario : juste une belle série de portraits d'inconnus, un film qui regarde le monde avec le sourire malgré tous ses défauts.

"Agathe Cléry", d'Etienne Chatiliez, où Valérie Lemercier joue le rôle d'Agathe, responsable dans une entreprise de cosmétiques et raciste convaincue qui un jour devient noire (non, je ne vous dis pas comment : ça gâcherait le plaisir). Pour elle, le monde s'écroule : comment peut-on vivre quand on devient d'un seul coup ce qu'on déteste ? Il y a sa réaction à elle, et puis il y a celle des autres. Tout s'enchaîne et Agathe perd tout ce qu'elle avait construit. Au début du moins. Une comédie sympa et azimutée avec une Valérie Lemercier très convaincante dans le rôle principal. Attention : comédie musicale. A éviter si vous ne supportez pas de voir les acteurs interrompre l'action pour pousser la chansonnette sur des chorégraphies stupides. Ce qui participe au charme du film : du grand n'importe quoi, une comédie légère, un bon moment à passer.

Commentaires

Tu passes ta vie au ciné, on dirait ;)

Pour "Musée haut, musée bas", je suis tiraillée : j'ai vu la bande-annonce, il y a la moitié du casting que je déteste, l'autre que j'adore. C'était une bande-annonce en différents morceaux, qui présentait des bouts de sketches du film entre d'autres bandes-annonces, et pareil, j'ai aimé la moitié et pas apprécié l'autre. Alors, est-ce que je vais le voir en me bouchant les yeux et les oreilles pendant la moitié du film et en rigolant pendant l'autre moitié, ou bien est-ce que je me résigne à ne jamais le voir ? (Attention, question existentielle !!)

Écrit par : Laure | 05 décembre 2008

... ou tu attends le DVD pour pouvoir faire "avance rapide" et zapper les séquences que tu n'aimes pas a priori. Personnellement, je n'ai pas tout aimé, loin de là, mais ça passe : comme les séquences sont assez courtes, on sait qu'on n'a pas trop à attendre avant la suivante.

Écrit par : Luciole en couleurs | 06 décembre 2008

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